

Architectures interieures
Cette série est née d'une nécessité : aller au-delà du visible pour atteindre l'essentiel de la forme.
Après quarante ans de peinture — paysages, bibliothèques, ateliers, abstractions lyriques — j'ai voulu pousser mon langage plastique vers sa limite la plus rigoureuse. Réduire. Épurer. Ne garder que ce qui résiste.
La série géométrique ne tourne pas le dos à mes autres univers — elle en est la distillation. Les strates horizontales de mes paysages sont devenues des plans colorés. Les verticalités de mes bibliothèques sont devenues des barres et des colonnes. La figure humaine, longtemps suggérée, s'est fragmentée en arches, demi-cercles et volumes imbriqués — présente sans être nommée.
Seize toiles constituent ce corpus, traversées par un vocabulaire constant : le dialogue entre la rigueur angulaire et la douceur des courbes, entre la densité des noirs profonds et la chaleur des ocres, des terres de Sienne et des verts kaki. Une palette sourde et vivante à la fois, héritée de la matière et du temps.
De Topographie du rêve, toile fondatrice encore proche de l'intuition pure, jusqu'à Formes en suspens, la plus affirmée et lumineuse, la série raconte un cheminement — du silence vers la forme, de la forme vers la liberté.




















